Du corps à l’écriture, de l’écriture au corps… dans tous nos sens !

Éveil du corps

Éveil des sens

L’odeur des mots

Nuage de mots… qui sentent

Orange                                                                                    Égouts avant la pluie

Citron                         Toilettes

Pamplemousse                                                                     Rats morts

Vanille                                                                                      Les pommes de terre pourries

La fraicheur de l’air en campagne                                      Le siphon

D’un vieux piano                                                                              Tabac froid

Café Mélange de poussière des feutres qui ont pris l’humidité

L’odeur du bois                                  Sueur

De l’air marin, l’iode, les algues à marée basse                                                       Plat brûlé

Parfum                                                           Linge mal aéré

L’odeur du Port du Rhin                                                       L’eau qui stagne

Le café                                   La transpiration

L’odeur des mots                                                                                          Lait caillé

Bergamote

La lessive                              La bouche le matin

Blanquette de veau                                                                            Odeur des feux d’incendie

Fragments – Fragrances…

PARFUMS D’ENFANCE

D’abord une impression de chaleur. Puis cette odeur de paille fraîchement remuée et étalée. En y pénétrant plus avant, elle vous envahissait, puissante et rassurante. Des effluves de prairie d’été parsemée de fleurs s’échappaient des bottes de foin. Ce mélange de parfums subtils me saisissait, m’enveloppait peu à peu.

Régnant sur ces lieux, une fière paysanne occupée à la traite, trônait sur son tabouret, la tête bien calée contre le flanc de l’animal. Le jet puissant du lait battait, tel un métronome, le métal du seau qui se remplissait peu à peu formant une mousse blanche et généreuse.

Une fois plein, j’avais le droit d’y plonger mon gobelet pour le déguster.

Lisbeth

L’odeur de l’encre…

J’ai 6 ans. Je me souviens encore. L’odeur de l’encre, la plume accrochant le papier de ma main maladroite. Je sais déjà que j’échouerai mais je dois écrire… Derrière son bureau, elle lance des mots dont je dois connaître l’orthographe et la signification. Austère, maigre à pâlir, il ne lui reste qu’un an avant sa retraite. Elle a cette odeur particulière qui provient d’une sorte de châle. Une odeur de mouillé. Celui-ci semble plus vieux qu’elle et le haut est couronné d’une fourrure inattendue.

La classe est sombre. Nos bureaux rapprochés sont tailladés d’initiales, de plus, laissant notre imaginaire croire à un amour possible. Toi tu es là. Petite brune, cheveux raides, une coupe au carré.

Tu sens cette odeur de lessive dont nos mères ont gardé le secret. Parfois encore, lorsqu’il me vient de croiser cette odeur, j’ai cru te voir.

Elle s’est levée de sa chaise, de son bureau, scandant les mots, directive impitoyable, elle nous donnera une note. Moi aussi un jour, je te donnerai mes notes. Elles seront plus légères et auront le goût du pardon même si je me souviens du parfum de l’injustice.

De ma main gauche j’ai étalé l’encre qui n’avait pas encore séchée. Quelle misère d’être gaucher en ces temps révolus. Sa main se lève et s’abat sur ma joue. Je suis coupable, juste d’être gaucher.

Ne dit-on pas passer l’arme à gauche ? Ne sert-on pas la main avec la main droite.

Et pourtant la main gauche est peut-être celle du cœur non ?

Je finis par m’échapper de sa voix rauque et inquisitrice. Il manquera toujours quelques lignes à ma dictée.

Puis tu as convoqué mes parents, persuadée de ta vérité pour finir par m’attacher la main gauche dans le dos m’obligeant à faire ce que tu appelais des pattes de mouches.

Longtemps tes mots ont raisonné en mon esprit. Puis vint le moment où le goût du mensonge fut troqué contre celui du pardon.

Ce verre de poison que j’avais bu chaque matin, cette envie de justice j’en étais libéré. L’amertume avait laissé place à la pitié. De toute façon tu n’es plus. Je ne peux te souhaiter que le meilleur dans l’au-delà, des rivières d’eau qui désaltèrent, douces au palais qui nettoient notre orgueil au plus profond de nos tripes. Un goût de miel.

Je ne regrette rien, tu m’as appris le pardon, le dépassement de soi, ma sensibilité je te la dois aussi car je suis la somme de tout ce que j’ai vécu.

Je ne suis qu’un petit homme, tu m’as appris la souplesse, l’équilibre. J’ai longtemps cru que l’addition resterait trop salée mais j’ai fait le chemin à l’envers. Peut-être que dans l’invisible tu me tenais la main.

Depuis je croque la vie à pleines dents. J’ai repris goût à la vie. J’ai remis l’amour à sa juste place, sans attendre de l’autre ce qu’il ne peut m’offrir. Moi-même qui suis-je pour prétendre t’offrir ce que je n’ai pas. La vengeance acide qui détruit le cœur une seconde fois a disparue et je n’en veux plus.

J’ai parfois ce sourire quand je contemple ton image en ma mémoire. Pardon je n’ai pas su t’aimer.

J’ai cru que nous étions ennemis.

Eric

L’odeur des baisers enfouis

Dans sa démarche accélérée, elle trimbalait derrière elle toutes les odeurs de sa journée. Huit heures dans ce rez-de-chaussée des Galeries Lafayette. Il y avait bien sûr tous ces parfums qu’elle avait fait essayer aux clientes indécises. Elle avait agité du bout de ses doigts des centaines de rubans de papiers et l’odeur s’était incrustée jusque sous ses ongles. Chacun de ses pores en était gorgée et sa chevelure épaisse en avait été l’éponge.

Peut-être que sous les grands parfums, en cherchant bien, on aurait pu sentir le scotch, les étiquettes, les rubans, le papier-cadeau, les cartes bancaires et celles de fidélité.

Dans sa gorge se tapissaient les cafés serrés qu’elle avait avalés sur ses courtes pauses. Et certainement, un peu plus bas, ce verre de Côtes du Rhône, partagé avec Paul au déjeuner. Ce verre qui lui avait chauffé les joues. Ces mots à lui qui l’avaient désorientée, à faire trembler un peu l’encre du rimmel qui zigzaguait sur ses joues et jusqu’aux lèvres. L’odeur arrondie du rouge à lèvre avait résisté à celle des parfums. C’est de cette odeur, peut-être, qu’elle se sentait le plus proche ce soir en traversant la ville grouillante. L’odeur rassurante qui cherchait à redessiner son sourire avant de repartir, l’odeur peut être des baisers enfouis de sa mère.

Stéphanie

Instinct de pluie

Cette journée d’avril pluvieuse, je me suis perdue dans cette mythique forêt de Brocéliande, attirée par ce lieu incontournable de Bretagne.

Je n’avais pas prévu, incorrigible optimiste que je suis, que la pluie viendrait gâcher mes envies bucoliques.

Une averse de pluie fine et permanente, eut raison de ma tenue non-adaptée pour de tels aléas climatiques.

Je fus très vite trempée de la tête aux pieds et je me mis à la recherche d’un abri, d’autant plus que la visibilité n’était plus très bonne car j’avais oublié mes lunettes de vue dans la voiture.

Je vivais ma décrépitude, ma fragilité face aux éléments naturels. D’ailleurs, j’avais froid dans les os.

Je marchais depuis au moins soixante longues minutes, lorsque je fus attirée par une odeur sauvage : mes narines se contractèrent.

Il s’agissait d’une odeur d’animal mouillé, autre que la mienne, qui me faisait  penser à celle de mon chat qui gratte à la fenêtre les jours de pluie.

Cette odeur m’incommodait, elle m’insécurisait.

Je m’approchais doucement en passant près de la rivière et j’aperçus vaguement des taches rousses. Il s’agissait probablement d’une famille de renards qui venait s’abreuver. Ils prirent immédiatement la poudre d’escampette car le craquement de la branche de sapin sur laquelle je marchais malencontreusement, les alerta d’une intrusion imminente.

Viviane

Le goût des histoires – Portraits savoureux

Thé froid

Ce thé ne l’avait pas réchauffée. Elle en était blasée.

D’ailleurs, à y repenser, elle l’avait bu froid. Il était pourtant le seul qu’elle avait toujours aimé, raffiné, aux extraits subtils de bergamote. Le seul qu’elle n’avait jamais bu. Plusieurs fois par jour, depuis toujours, incarné.

Mais ce jour-là, il avait tiédi dans sa tasse jusqu’à refroidir comme les murs de cette cuisine. Comme les vitres mal isolées qu’elle fixait pour éviter de croiser son regard.

La bergamote ne passait plus et restait coincée quelque part dans sa gorge. Jusqu’à ce qu’elle lui remonte par nausées. C’était le thé de trop, la tasse de trop. Une rengaine insupportable. Un refrain qui tournait dans le vide, abandonné de ces couplets.  Un écho que plus rien n’illuminerait.

Ce goût qui l’enfermait tout comme ce décor déplumé.

Ce thé qui n’accueillerait plus ni madeleine ni espoir. Qui freinerait tout projet.

Entre ses mains cette tasse sans plus aucune chaleur lui révélait ses manques et marquerait un tournant. Non, une fuite, un besoin irrésistible de partir, maintenant. La reposer dans l’évier et partir.

Elle ressentait soudain l’urgence d’aller vers un ailleurs. D’ouvrir l’intérieur de ses joues à de nouveaux goûts, qui pourraient la porter, et pourquoi pas, l’envoler. Lui faire de ses promesses plus chaudes, plus épicées, réveillant ses papilles et tous les possibles.

Stéphanie

J’étais installé ce matin-là au café du petit port de Roscoff.

Assis sur une banquette vert d’eau délavée, j’observais cette femme auburn,
la quarantaine, installée en face de moi.

Sa façon de boire son café m’a intrigué.

Elle portait la tasse à sa bouche et délicatement buvait quelques gouttes de
cet arabica du Brésil.

Elle humait sa tasse, plusieurs fois de suite, son petit doigt levé.

Dans ses yeux bleu-gris couleur mer d’Iroise, s’immisçait une interrogation.

QUE faisait-elle ?

Critique gastronomique experte en café ????

Soudain, dans ses yeux, une émotion, une larme.

Comment un café de comptoir peut-il provoquer une telle émotion ?

Je suis de plus en plus intrigué et curieux comme une fouine, j’observe son
visage à la loupe : bouche pulpeuse, fossette au menton, ride du lion sur le
front, teint halé par le soleil voilé de Bretagne.

Seule, élégante, elle me paraît hors du temps, hors de tout.

Tout à coup, je vois son visage s’illuminer et la joie se présenter à la
porte de ses lèvres, elle sourit, puis rit.

Étrange….

Je l’approche et je lui parle, impatient de la connaître, de regarder ses
grands cils de plus près et de plonger dans les abysses de ses pensées.

Je lui dit : « ce café à l’air délicieux, j’ai l’impression que c’est
un vrai nectar pour vous !? »

Oui me dit-elle doucement : « il
est revenu »

Qui ?

« Le goût ! J’avais perdu le goût et tout était devenu insipide, plus
rien n’avait de sens.

Ce matin, je me reconnecte avec moi-même grâce à CE merveilleux café, amer
et rond à la fois, avec une pointe de noisette, le plus suave de toute ma vie. »

Viviane

TRANSFORMATION

Elle déguste sa paella les yeux fermés, bouchée après bouchée, lentement, avec une concentration extrême : je ne l’avais jamais vue ainsi, assise, prenant le temps : Maria Lucia d’Esperanza est une jeune fille fougueuse, sensuelle, aimant les trépidations de la vie.

L’assiette est vide. Minutieusement, elle caresse l’assiette avec son doigt et le lèche en fermant les yeux. Pas un grain de riz, pas une goutte de cette sauce si douce et parfumée ne résistent à cette traque . Elle laisse alors échapper un soupir de contentement d’une incroyable sensualité : Mmmm.

Soudain, Maria Lucia se lève et déclare d’une voix péremptoire : « je veux devenir cuisinière et rendre les gens heureux comme je le suis à cet instant ».

Lisbeth

L’ouïe à l’écoute du dialogue

Autour de mon arbre… cueillette de bruits

 

L’homme qui parlait aux arbres.

J’ai bien dû te couper, tu n’portais pas de fruits,

Tu as dû oublier une partie de ma vie,

Qu’aurais-je pu oublier dis-moi Oh sacrebleu

Peut-être l’oxygène ou bien le CO2

Et je suis reparti avec ma pauvre scie

Avec l’air moins pur je dois le dire aussi

Mais si je t’ai coupé c’est que tu  n’m’as rien dit.

Le bruissement de mes feuilles t’a crié mon message.

J’entends bien maintenant ta colère ton mépris,

Non tu es toujours sourd et ton cœur est peu sage.

Et je suis reparti avec ma pauvre hache,

Trop conscient de l’erreur accomplie par ma tâche.

J’ai replanté un arbre et demandé pardon

Pourvu que moi non plus je n’rencontre pas un con.

Mais qui me parle ainsi est-ce toi toute jeune pousse ?

Ma croissance s’ra trop lente pour gagner cette course.

Et je suis reparti pour me déconnecter

De mon compte Amazon où là rien ne poussait.

La morale de l’histoire oh mes très chers amis

C’est que l’on se croit grand mais qu’on est tout petit

Et si il est une chose que rien ne peut acheter,

C’est le droit aux futurs de pouvoir respirer

Laisse ton arbre vivre et laisse l’herbe pousser

Regarde donc la vraie vie que rien n’peut remplacer.

Écoute le vent passer sautant d’une branche à l’autre

Car c’est de la planète que tu dois être apôtre.

Eric

AUPRÈS DE MON CHÊNE

Chêne tu ES

Chêne tu m’en-chênes

Lorsque je me tiens à tes côtés

Je ferme les yeux

Tes racines ? J’y plonge, je les suis jusque dans les profondeurs abyssales

Ton tronc ? Je l’étreins. J’imagine ta sève nourricière qui y circule

Ton écorce ? Je la caresse du bout de mes doigts

Au loin, la cloche marque le temps

Les bruits du monde vont et viennent telle la marée 

Des voix, le vrombissement d’un moteur, des bouteilles jetées dans la benne

Tes branches ? Mes yeux se perchent sur elles qui s’en balancent au gré du vent

Lâchant une à une leurs dernières feuilles

Au loin encore, une corneille, deux mésanges se donnant la réplique

Je m’éloigne à regret de toi, mon chêne, en emportant la douce musique de tes feuilles qui bruissent sous mes pas, dégageant un délicieux parfum d’automne.

Lisbeth

Monologue avec mon cerisier

Mon cher arbre,

Fruitier tu es mais tu ne le veux pas.

J’ai essayé de t’amadouer par ma poésie déclamée à tes pieds mais aucun
fruit tu n’as donné.

J’apprécie ta beauté à toutes les périodes de l’année, tes bruissements de
feuilles qui s’associent aux bruissements d’ailes des colonisateurs qui ne
migrent pas.

Ahhh cette symphonie, ces pépiements que vous nous jouez au printemps, cet
espoir de voir tes feuilles se colorer de fruits rouges et blancs ! …

Seule, je reste seule à t’observer, t’enlacer, te supplier, à converser.

Seule, je reste seule à sentir ton écorce, ta force de vie, ta stabilité.

Alors, j’imagine qu’un jour tu me parleras, tu me confieras toutes les
conversations familiales dominicales que tu as perçues. Tu pourrais me les
expliquer car je n’y comprends pas grand-chose.

Tu vis, tu sens, tu écoutes mais tu ne parles pas !

Quel dommage pour l’enfant que je suis, car je suis persuadée que tu serais
un ami idéal.

Pourtant je sais que tu communiques avec tes congénères par les racines…

Comment dialoguer avec toi?

Donnes-moi un son : faible ou puissant, aigu ou grave et chantes encore pour
moi, s’il te plaît.

Viviane

Dispute à l’étage

-Bonjour, tu as bien dormi ?, interroge Pia ouvrant l’œil

-Bonjour. Comme un chêne, et toi ?

-Disons que…sans tes ronflements, j’aurai sans aucun doute bien mieux dormi !

-Oh ne commence pas à te plaindre ! Ce n’est pas moi, c’est ton sommeil à toi, là-haut, qui est si sensible.

-Comment peux-tu continuer à nier chaque matin ? Mon nid en a tremblé toute la nuit !

-Ce doit être cette humidité qui me grippe depuis quelques jours.

-Si seulement ta sève pouvait se mettre un peu au repos la nuit, elle gargouille sans répit.

-Cesse tes coups de becs s’il te plaît. A l’époque, tu les aimais bien ces gargouillis, tu m’en faisais même des poèmes Pia… au lieu de ça, à présent…

-Excuses-moi mon cher, c’est ce temps de novembre qui me rend maussade. J’écoutais à l’instant un doux bruit de caoutchouc sur le bitume qu’un vrombissement de moteur est venu déranger sans s’annoncer.

-Ne m’en parle pas Pia… les humains ne se mettent-ils pas au repos le dimanche ? Où courent-ils à m’en donner le tournis ? Je regrette ces temps du confinement où avec nos voisins du square, nous refaisions presque forêt. Où sous ton chant, nous faisions orchestre, bourgeonnant en cœur. Où les enlacements de nos racines, s’accordaient avec ceux de nos branches jusqu’à leurs plus fines extrémités. Je regrette nos rires matinaux et nos soirées philo. Mais toi, Pia, tu es libre ! Libre de quitter la ville, libre de t’exiler, de refaire un nouveau nid en forêt.

-J’y pense souvent, mais comment le pourrais-je ? Nous faisons corps à présent toi et moi. Je suis fière de trôner là, ma place est enviable, au quatrième étage de tes branches. Regarde autour de toi, tous ont perdu leurs feuilles alors que les tiennent résistent à novembre et m’offrent encore cette musique. Tu es de loin le plus robuste qui défie le rythme des saisons et des pollutions. Tu m’as sauvée de la canicule et du gel, ton feuillage me protège, tandis que ton écorce me raconte des histoires, des histoires mystérieuses. Si lointaines et précieuses. Tes branches majestueuses m’ont laissée m’encrer en elles, y aiguiser mon bec, dans leurs odeurs et leurs silences, que les années ont rendu plus doux et plus matures. Un jour peut-être tu me laisseras percer d’autres secrets sous ton tronc …

-Eh bien, Pia, en voilà une déclaration ! tu me laisseras encore un peu ronfler à présent ?  Faire vibrer de toutes mes forces ton doux plumage ?

Stéphanie

***

Le toucher – textes en petites touches

Tu n’y peux rien, je n’y peux rien

Camembert

Tu me dégoûtes !

Tu n’y peux rien mais j’ai une aversion pour toi.

Je ne peux pas te sentir, surtout te toucher et je ne te regarde même pas !

Au supermarché, je zappe ton rayon et si je dois chercher les yaourts, je fais un sprint dans le rayon pour éviter ta puanteur, ta présence.

Tu trouves cela injuste ?

Oui peut être mais je te rassure c’est valable pour tous tes concurrents et peu importe la région et l’appellation !

Même traitement pour tous.
Viviane

L’intouchable

J’écouterais encore et encore ses chants, mais jamais je ne le toucherais, mon odeur serait sa mort.

Une boue sur lui qui empêcherait l’envol, l’amour, la reproduction.

Qui l’isolerait des siens. Qui freinerait sa quête, ses sommets et ses ailleurs.

Je le regarderais encore et encore voler de branche en branche. Je l’observerais dans la lente et méticuleuse fabrication de son nid. J’imaginerais ses fécondations, ses œufs chauds sous ses ailes protectrices.

Mais je n’atteindrais jamais ses plumes, sa douceur, son trésor aussi enviable soit-il.

Mon odeur serait sa mort.

Stéphanie

Ta peau

J’aurais voulu toucher ta peau

Toucher ton âme de mes mots

Mais je sais bien que l’interdit

Est ton adage le mien aussi

J’aurais voulu toucher ta bouche

De mots qui t’invitent à ma couche

Mais je sais bien que l’interdit

Sublime l’amour sublime l’envie

J’aurais voulu toucher tes lèvres

Mais je sais bien que c’est un rêve

Va, reste libre, envole-toi

C’est mieux ainsi c’est mieux pour moi

Eric



 

INACCESSIBLE ÉTOILE

Même dans mes rêves, il est inaccessible !

Je prendrais une fusée si je pouvais, ou un engin spatial. Je m’entraînerais jour et nuit rien que pour m’approcher de lui. L’apesanteur ne me ferait pas peur. Les repas déshydratés ? Très peu pour moi. Mais pour lui, je les avalerais.

Il me fait tourner la tête comme dans une lessiveuse. Mais pour lui je le ferais. Il est si beau, si rayonnant.

Oui, je l’avoue haut et fort, c’est Thomas Pesquet mon étoile. C’est lui qui me fait perdre la boule.

Lisbeth